Samedi 4 février :alors qu'il fait -5° dehors, il règne à l'intérieur de l'ubu une ambiance surchauffée. Et pour cause : ce soir se jouent, à guichets fermés, une prestation dont votre serviteur ose parler comme de l'un des meilleurs concerts de sa (courte mais bien remplie) vie. En effet, rendez-vous était pris ce soir là avec d'une part les Hush puppies, groupe originaire de Perpignan, auteur d'un très bon album en 2005, The Trap. S'ensuivait les stars de la soirée, Art brut, dont le nom laissait présager une certaine originalité. Les Hush Puppies entrent en scène à 21h. Quelques groupies au premier rang s'agitent, la salle remue au son des morceaux de garage-psyché (quel drôle de mélange) distillé par un groupe en grande forme, visiblement taillé pour la scène. Les chansons s'enchaînent (You're gonna say yeah, Single, pale blue eyes), jusqu'à un genre de blague en forme de cali hardcore (t'as les pieds froids/on fait même plus l'amour/casse-toi/ah oui c'est vrai j'habite chez toi). Des petits malins du public lanceront quelques "david Bowiiiiie", allusion au look très dandy du chanteur. Une prestation honnête, qui se conclue par un rappel, et qui parvient à étancher un peu la soif des spectateurs venus pour Art Brut.
Voila que le phénomène entre en scène peu après le combo français. Et là force est de constater que le dieu du bon goût vestimentaire n'est pas avec nous : chemise orengeâtre pour le chanteur à la ridicule petite moustache, bassiste au look tirant sur le gothique, guitariste en jean taille 12 ans, avec une mèche blonde qui recouvre un regard de psychopathe...Il y en a donc pour tous les goûts ce soir.Au-dela de ces choix vestimentaires déplorables et du délire arty (Art brut est le nom d'un mouvement artistique de l'après-guerre lancé par Dubuffet), Art brut fait preuve d'un indéniable sens de la scène, ce que le public impatient comprend intantanément : le mouvement de foule (bon ok, on est à l'ubu mais quand même) qui projette votre serviteur contre le mur lui laisse quelques hématomes cuisants. Les chansons s'enchaînent, menées tambour battants et soutenues par un song writing infaillible :elles sont tour à tour hilarantes (Rusted guns of Milan, souvenirs d'une panne...sexuelle), naïves (we formed a band) ou désabusées (Emily Kane). Entre deux chansons, avec un épouvantable accent cockney, le chanteur énonce quelques vérités, évoque Morissey ou Jarvis cocker, avant d'encourager le public à développer sa créativité (le fameux Do it yourself cher à de nombreux punks). La soirée s'achève dans une déferlement électrique, avec comme leitmotiv : Art brut (prononcer broute pour un résultat idoine)/top of the pops, et par un hommage fugace aux Kinks (you really got me). Encore une soirée passée dans la sueur et la bière de l'ubu, qui nous aura réchauffé le coeur (à défaut du reste) dans la froidure ambiante
(Photos à venir)
dim 19 fév 2006 20:47